15 October 2012

La performance et le cerveau d’une équipe de football!

Rainer Werner Fassbinder est mort et les films de Wim Wenders sont primés! Quels rêves reste-t-il au cinéma allemand? 800’000 litres de sang plus tard, Christoph Schlingensief prend à revers les médailles en proposant le dernier film du Nouveau Cinéma Allemand. En repartant de «Salò ou les 120 Journées de Sodome» (1975) de Pier Paolo Pasolini, «Die 120 Tage von Bottrop» (1997) associe la crise culturelle en cours à l’impossibilité de raccorder les intérêts individuels, ne serait-ce que pour réaliser un film. À une autre échelle, l’absence de perspective collective amplifie les disjonctions délirantes. Les désastres en chaîne de l’histoire de l’Allemagne pointent à chaque tournant : Adolf Hitler dont le projet décadent s’achève sur un repli sans issues («100 Jahre Adolf Hitler – Die letzte Stunde im Führerbunker», 1988/89), la réunification qui donne lieu à des massacres à la tronçonneuse, en vue de réduire les Allemands de l’est en chair à saucisse («Das deutsche Kettensägenmassaker – Die erste Stunde der Wiederverein gung», 1990), ainsi que les frasques de l’extrême droite autour d’un magasin de meubles, en réaction à une immigration croissante («Terror 2000 – Intensivstation Deutschland, 1991/92»). Tandis que l’ouverture des frontières fait éclater le leurre d’une identité culturelle homogène, la faillite d’une cohabitation pacifique transpire. Reste à savoir comment sortir de ce naufrage total qui prolifère au-delà de l’Europe. Alors même qu’en Afrique les opérations des Nations Unies partent en vrille («United Trash», 1995/96), l’humanité espère encore la venue d’un meneur héroïque. (Geneviève Loup)

Consultez le programme

Les sons de LUFF.fm

Les vidéos de LUFF.tv